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Quelle est votre tribu ?

Muppies, Yuccies, Yummies, Makers, Slashers… autant de groupes qui caractérisent notre époque. En fonction de ce que vous êtes et de ce que vous faites, vous appartenez (peut être) à l’une de ces nouvelles tribus - forcément numériques- qui fleurissent dans les grandes villes. Photo de famille.

Paru en 1957, le livre Mythologies, du sociologue Roland Barthes reste la référence pour comprendre la société française des 30 Glorieuses. Entre analyse du phénomène starlettes, la place de la voiture dans l’imaginaire collectif, le travail en usines ou encore la presse populaire et ses faits divers… les « tribus » de la France des années 50 étaient ainsi auscultées sous toutes les coutures. Si le sociologue revenait aujourd’hui, il prendrait sans doute un malin plaisir à dépeindre les nouveaux « buzzwords » de notre époque. Le titre de son livre ? Peut être bien Lost in digital, en tant que galeries de portraits de ces nouvelles tribus qui peuplent les grandes villes. Présentation (décalée et non exhaustive) de cette gentrification et de ces drôles de tribus.

Les Yuccies[1], les créatifs urbains

Adieu le Hipster, bonjour les Yuccies ! (prononcez « you-scie »). Inventé en 2015 par le journaliste-écrivain américain David Infante[2], ce néologisme signifie "Young Urban Creative", à traduire par Jeunes Créatifs Urbains. Issus de la génération Y, nés à l’heure du digital (Millenials), les Yuccies ne sont pas à une contradiction près : se dire en faveur de l’esprit d’entreprise tout en adorant la contre-culture urbaine qui dénonce le système. Après souventun court passage en entreprises, les Yuccies n’hésitent pas à se réorienter vers des activités utiles distrayantes, épanouissantes et rémunératrices (par exemple, être CDO, entendez, Chief Digital Officer,, d’une grande société). Bref, un désir de sens, de créativité sans pour autant se départir de sa carte Visa… si possible Platinium.

Les Muppies, nouvelles business women

Contraction de Millennials et de Yuppies (acronyme pour Young Urban Professional pour définir les jeunes cadres prometteurs de la finance dans les années 90), le terme de « Muppie » est l’invention de l’écrivain américaine Michelle Miller dans son  roman The Underwriting[3]. Ce qui caractérise une Muppie ? C’est une femme active, engagée et bien sûr hyper-connectée.  Jonglant entre la direction d’une start-up, le suivi de ses followers sur Twitter et Instagram, son goût pour les smoothies detox et ses cours de yoga … ces working girls, âgées entre 25 et 35 ans, ont presque toutes fait des études supérieures. Réussissant dans leurs vies sociale et professionnelle, les Muppies s’appliquent à préserver leur bien-être intérieur et personnel pour ne pas  tout sacrifier sur l’autel de la gloire professionnelle… Une figure « iconique » ? Osons Carrie Bradshaw, héroïne de la série Sex & The City.

Les Yummies, dandy du XXIème siècle 

On doit ce charmant qualificatif à la banque HSBC[4] quand, en mars 2014, dans sa note de tendances, elle remarqua que ce « young urban male» (« jeune homme urbain ») est l’oiseau rare que les marques s’arrachent. Aimant prendre soin de son apparence et de son statut professionnel, ce jeune homme issu de la génération Y (inconditionnel des produits de la marque à la pomme…) affiche sans retenu son statut social tout en soignant son apparence. Cible rêvée des marques de luxe, le « Yummy » est l’exact opposé du « Normcore », genre Mark Zuckerberg, patron de Facebook, qui préfère porter jeans mous, baskets et blouson à capuche.

Les Makers, inventeurs de l’usine du futur

"DIY" pour "Do it yourself !" (« Faites-le vous-même ») Tel est le mot d'ordre d'une nouvelle génération d'innovateurs-artisans. Rassemblées dans des "fablabs" (ateliers de fabrication urbaine), ces communautés de bricoleurs-technophiles sont en passe de réindustrialiser les villes et peut être d’inventer les usines du futur. Créé par l'entrepreneur Dale Dougherty, à l’origine de l'expression "Web 2.0" et éditeur du magazine "Make", ces "Faiseurs" s’apparentent à des artisans du numérique, il y a d’abord la volonté de produire soi-même plutôt que d’acheter. Adeptes de l'innovation à la portée de tous et prônant le travail collaboratif, ces techno-bricoleurs adhèrent aux valeurs de l'économie du partage et de la volonté d'en finir avec l'obsolescence programmée des objets fabriqués à la chaine. Ces makers apprennent ou savent déjà manier imprimantes 3D, fraiseuses, découpeuses au laser et autres logiciels de conception pour produire toutes sortes d'objets difficiles voire impossibles à trouver à l’unité. Membres d’une communauté qui fait chaque jour de nouveaux émules, ces makers échangent et s’entre-aident via les réseaux sociaux ou certains sites spécialisés.

Les Slashers, travailleurs démultipliés

Anglicisme dérivé du signe typographique (/), le terme « Slasher » désigne les personnes qui exercent au moins deux activités. Rien qu’en France, ils seraient près de 4,5 millions, soit 16 % des actifs. Si le marché de l'emploi n'est pas étranger à ce phénomène, être un « Slasher » c’est aussi un moyen de se révéler tant sur un plan personnel que professionnel. Le raisonnement est évident : mieux avoir plusieurs cordes à son arc et confier son avenir à plusieurs qu'à un seul. Pour ces travailleurs permanents, sorte de « workaholics » volontaires, la deuxième ou troisième activité tenant le plus souvent d'une idée personnelle qu'il devient possible de réaliser. Grâce aux nouveaux outils numériques et à l'économie collaborative, il est facile de vivre sa passion, voire vivre de sa passion. Au final, les métiers multiples donnant la possibilité d'être un autre, de ne plus se résigner, de se révéler, bref, d'éprouver un sentiment de liberté recouvrée et de fierté du travail bien fait.

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