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La Blockchain changera t-elle le monde ? (13/03/16)

Annoncée comme l’ultime technologie de rupture, la « blockchain » – littéralement « chaine de blocs » - pourrait bien révolutionner la transmission d'informations et le stockage numérique. Ce système informatique décentralisé sera t-il la dernière étape de la désintermédiation numérique de nos sociétés ?

La confiance est une composante essentielle du fonctionnement de nos sociétés. Si elle nous permet d’interagir avec autrui, elle repose aussi sur des éléments objectifs : diplôme, réputation, références… La confiance est le résultat d’un subtil équilibre entre décisions individuelles et garanties objectives… exactement ce que représente la Blockchain ou « chaîne de blocs ».  Cette technologie, issue de la monnaie virtuelle Bitcoin, pourrait bien faire apparaitre un nouveau modèle économique décentralisé et autogéré. Entre mythe et réalité, présentation de la Blockchain.

Un grand registre virtuel

Il n’est pas facile de décrire la Blockchain tant l’idée est à contre-courant de tous ce que nous sommes habitués à comprendre. Disons pour résumer que la Blockchain est une sorte de « grand registre virtuel » dans lequel sont stockées (sur des milliers d’ordinateurs) toutes les transactions chaque fois qu’une personne ou qu’une organisation effectue une opération. Chaque acte étant appelé « block », lui-même constitué d’autres blocs provenant d’opérations passées. Au final, la Blockchain s’apparente donc à une « chaine de blocs » qui communiquent entre eux. Ce système indestructible et infalsifiable, issu de la monnaie virtuelle Bitcoin, n’appartient à personne. Entièrement décentralisé et distribué sur une multitude d’ordinateurs, il s’apparente au «peer-to-peer » (en français « d’égal à égal ») qui permet à tout un réseau d’ordinateurs de s’échanger des données en temps réel.

De même qu’il n’y a pas « d’autorité de l’internet » (à l’exclusion de l’organisation privée ICANN en charge d’allouer les adresses IP ), il n’y a pas non plus de responsable de la Blockchain. Pour autant, et là est son côté réellement « disruptif », ce système permet à des individus qui ne se connaissent pas de faire des transactions sécurisées et d’échanger des informations ; le tout sans le moindre intermédiaire. Vitalik Buterin, président de la fondation Ethereum (monnaie virtuelle) synthétise en précisant que : « c’est une couche informatique au-dessus de tout ordinateur y participant qui est un moyen de créer un système sûr à partir de composants individuels potentiellement pas sûrs. »

D’innombrables applications potentielles

En se passant ainsi de « tiers de confiance » du type avocats, notaires, agents immobiliers, établissements financiers ou encore plateformes de transport / d’hébergement de type Uber, Waze ou AirB&B… - la blockchain pourrait bouleverser des pans entiers de l’économie. Dès lors que cette technologie permettra, de façon décentralisée et « horizontale », d’acheter ou de louer une maison, de transférer des fonds, de contracter ou de certifier la propriété d’un bien ou d’un capital… nul doute qu’elle remettra profondément en cause des situations ; pour certaines d’entre elles monopolistiques ou quasi-exclusives depuis des décennies. Quelques exemples concrets d’applications dans lesquelles la Blockchain pourrait apporter de nouvelles solutions :

Dans le domaine de l’éducation : des universités [1]utilisent déjà la Blockchain pour certifier les diplômes de leurs étudiants. En recourant à cette technologie, la triche et la contrefaçon deviennent impossibles,

Dans le domaine de la gestion de la propriété : dans les pays qui ne disposent pas d’une organisation administrative fiable, la Blockchain peut être la solution pour recenser et certifier la propriété de la terre. Au Ghana[2], l’ONG Bitland se propose d’utiliser la technologie Blockchain pour créer un cadastre virtuel et ainsi certifier la propriété. Bien loin de réserver cette technologie aux seuls pays non industrialisés,  la Blockchain s’envisage partout ailleurs, y compris dans les pays où la gestion de la propriété, est entre les mains d’intermédiaires assermentés.

Dans le domaine de la vie citoyenne : dés lors que la Blockchain permet traçabilité, confiance et décentralisation, pourquoi ne pas recourir à cette technologie pour les actes civils courants ? En la matière, il existe depuis quelques mois un cas d’école avec le premier « mariage Blockchain ». Edurne Lolnaz et Mayel de Borniol[3], « deux citoyens du monde numérique » ont ainsi décidé de sceller leur union via l’enregistrement de leurs consentements mutuels sur la Blockchain. Outre la mise sur le réseau de ce genre d’actes privés (mariage, naissance, décès…), la blockchain peut également servir à certifier le vote en ligne[4]. Plusieurs startups s’intéressent à ce sujet – PublicVotes[5], FollowMyVote[6], Agora Voting[7] – et imaginent des plateformes de vote qui présentent un niveau de sécurisé inégalé.

Dans le domaine financier : la technologie Blockchain suscite également un engouement inédit dans ce secteur. Toutes les banques[8] y voient le moyen de repenser la manière dont les transactions sont gérées. En France, la Caisse des Dépôts et les principales banques et compagnies d’assurances ont depuis peu lancé un groupe de travail sur le sujet pour comprendre et s’adapter à cette technologie d'authentification décentralisée.

Dans le domaine juridique : cabinets d’avocats, organismes financiers entendent eux aussi participer à ce « grand soir » des contrats intelligents (« smart contracts ») quand, grâce à une identité numérique infalsifiable, un acheteur et un vendeur pourront, sans intermédiaire, s’échanger (se louer ou se vendre) une voiture, une œuvre d’art, une entreprise…

Dans le domaine culturel : avec la Blockchain ou un système équivalent, les artistes se passeront d’intermédiaires et pourront gérer eux-mêmes leurs royalties.

 

Entre confiance et défiance

L’ère du Blockchain n’est pas pour notre présent immédiat. D’ici à ce que cette technologie fasse partie de notre quotidien il faudra préalablement vérifier sa fiabilité et sa sûreté tout en faisant évoluer un certain nombre de cadres juridiques. Gardons-nous néanmoins de ne voir en cette technologie qu’une lubie ou le résultat d’hypothétiques conjectures de quelques geeks en mal d’innovations. Lors du dernier Forum de Davos, figurait à l’ordre du jour le thème des chamboulements induits par le numérique. La Blockchain étant en bonne place des discussions non pas seulement sous l’angle économique mais aussi dans ses aspects politiques. Ceci n’a rien de surprenant quand il s’agit rien moins que d’imaginer l’internet du futur et d’envisager l’avènement d’une nouvelle ère marquée par le pouvoir direct des individus.

Dans le domaine financier : la technologie Blockchain suscite également un engouement inédit dans ce secteur. Toutes les banques[8] y voient le moyen de repenser la manière dont les transactions sont gérées. En France, la Caisse des Dépôts et les principales banques et compagnies d’assurances ont depuis peu lancé un groupe de travail sur le sujet pour comprendre et s’adapter à cette technologie d'authentification décentralisée.

Dans le domaine juridique : cabinets d’avocats, organismes financiers entendent eux aussi participer à ce « grand soir » des contrats intelligents (« smart contracts ») quand, grâce à une identité numérique infalsifiable, un acheteur et un vendeur pourront, sans intermédiaire, s’échanger (se louer ou se vendre) une voiture, une œuvre d’art, une entreprise…

Dans le domaine culturel : avec la Blockchain ou un système équivalent, les artistes se passeront d’intermédiaires et pourront gérer eux-mêmes leurs royalties.

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