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L’innovation ouverte : l’esprit start-up au cœur des entreprises / Les Echos (04/01/16)

A l’heure où le numérique transforme les usages et créé de nouvelles façons d’interagir, l’innovation ouverte permet aux entreprises de repenser leurs stratégies d’innovation en s’alliant à d’autres acteurs, souvent plus agiles. Un résultat bénéfique pour tous.
« Une start-up, c’est une structure adaptée à la croissance et à l’innovation qui doit nous inspirer …. car nous devons avoir la capacité de nous repenser tous les cinq ans pour affronter de nouveaux concurrents… ». C’est en ces termes que Satya Nadella, à la tête de Microsoft depuis près de 2 ans, et de passage à Paris en novembre dernier, exposa ses convictions sur l’innovation et l’esprit start-up pour ce géant de l’informatique. L’innovation ouverte (open innovation en anglais) est une nouvelle façon de concevoir l’innovation en s’ouvrant aux bonnes idées, en s’associant à d’autres (généralement des startups) et en créant des passerelles technologiques et commerciales. Autant d’initiatives qui permettent aux entreprises d’accéder à des technologies innovantes et à intégrer de nouvelles compétences… bref, reconnaitre qu’on « on a souvent besoin d'un plus petit que soi», comme l’écrivait La Fontaine dans sa fable Le lion et le rat.
Quand l’Etat favorise l’innovation ouverte
C’est pour encourager ce bouillonnement créatif autour de l’innovation ouverte que l’Etat, via la Secrétaire d’Etat au numérique, vient de lancer le premier Forum pour l’innovation ouverte. Au mois de décembre dernier, une cinquantaine d’entreprises du CAC 40, des PME et des acteurs de la French Tech ont créé L’Alliance pour l’innovation ouverte , tous convaincus que le futur de la productivité doit passer par le partage et la diffusion des bonnes pratiques. Pour illustrer cette dynamique d’ouverture qui permet de faire émerger et récolter des idées pour réinventer ou tout simplement améliorer un point clé de leurs activités, plusieurs tandems startups (Plussh, Leetchi, Short Edition, FeetMe) /grands groupes (La Poste, Crédit Mutuel Arkéa, Butagaz, Orange…) furent invités à partager leurs retours d’expériences. Au-delà, il s’agit de créer une manière globale de penser la stratégie d’innovation de l’entreprise, comme ouverte aux apports externes et structurée par des flux de connaissance entrants et sortants.
Trouver de futurs relais de croissance et des idées nouvelles
Dans les entreprises, l’innovation n’est plus une option. A l’ère de la révolution digitale, « deux gars dans un garage peuvent vous prendre de vitesse. La taille ne vous protège plus » comme le précisait Henri de Castries, PDG d’AXA, lauréat du dernier Palmarès eCAC40 récompensant la transformation numérique des plus grandes entreprises françaises. C’est précisément pour essayer de contrer l’idée que « quelqu’un peut tuer mon business » que des stratégies d’innovation ouverte sont mises en œuvre le plus souvent autour de 2 axes :
• Créer les conditions de rencontres entre acteurs de l’écosystème digital et besoins de l’entreprise
Cette démarche implique que soit mis en place un système de veille à destination de l’écosystème numérique afin d’identifier les partenariats à créer. Que ces contacts soient noués de façon directe ou via des structures spécifiques du type « Accélérateur » ou encore via des évènements spécifiques du type hackatons… le but est de créer des passerelles entre ces univers différents.
• Encourager les aptitudes internes … quitte à bousculer l’ADN de l’entreprise
Steve Jobs avait pour habitude de poser des questions du type « Et si… ? Pourquoi non ? ». L’open-innovation ne repose pas seulement sur la technologie. C’est aussi un modèle de management qui permet, auprès des équipes, d’encourager la créativité, de susciter le goût du défi, de favoriser l’inventivité, de promouvoir l’autonomie, la transversalité et la transparence. L’exhortation à innover ne se décrète pas. La réalité demande que l’ADN de l’entreprise se transforme pour que tous participent à ces changements.
La ville intelligente, exemple concret d’open innovation
Il est un domaine où les grands groupes industriels ont très tôt compris qu’ils devaient s’ouvrir pour mener à bien ces projets de villes intelligentes. Pour continuer à innover dans des domaines aussi variés que la gestion de l’énergie, le transport, le bâti, l’agriculture urbaine ou encore la participation citoyenne, le maitre mot c’est l’adaptation en s’ouvrant « à plus petit que soi ». Dans les faits, cette politique d’innovation ouverte passe par de nombreux partenariats innovants qui associent une multitude d’acteurs de toutes tailles ; y compris les citoyens eux-mêmes via le crowdsourcing. A Amsterdam (Amsterdam Living Lab) mais aussi à Paris (Paris&Co, agence d’innovation et de développement), presque toutes les initiatives de développements de quartiers ou de villes intelligentes suivent ce modèle d’open innovation dans lesquels les grands groupes associés à de petites structures (PME, startups….) partagent leurs informations, mutualisent certaines de leurs ressources et créent des alliances multi-sectorielles. En écho à cette vertueuse expérience d’innovation ouverte appliquée au domaine des villes, les organisateurs du prochain Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas (6-9 janvier), grand messe du numérique, ont même prévu une table ronde sur le thème de la mobilité co-construite en organisant une table ronde autour d’ industriels (Bosch, Qualcomm), de startup (Mobileye), d’une autorité politique (Ministère des Transports américain) et d’universitaires (MIT).
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