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Casse-tête chinois

Casse-tête chinois (janvier 2018)

Pollution, surpopulation, exode rural… les défis posés par les villes chinoises ne manquent pas. C’est pour réinventer leurs cités que les autorités ont lancé d’ambitieux projets urbains. Lorsque paru en 1935 l’album de Tintin, « Le Lotus bleu », le public occidental de l’époque dû se contenter d’une représentation toute caricaturale de la Chine et de ses villes. Dépeignant l’arrivée de Tintin dans le Shanghai de l’époque, Hergé y détaille une ville de 3 millions d'habitants peuplée de très nombreux étrangers présents pour y développer le commerce avec l’Occident via la présence de comptoirs. Le Shanghai de cette époque n’a évidemment plus rien à voir avec l’actuelle capitale économique de la Chine et ses 24 millions d’habitants. Si le Bund, la grande artère qui longe le Huangpu, "fleuve de la rive jaune", permet à présent d’admirer la forêt de gratte-ciel située de l’autre côté, la ville n’en finit pas de s’étendre à tel point que les autorités de la ville ont décidé, fin 2017, de limiter son expansion immobilière et bloquer sa population à 25 millions de résidents. Un objectif que les autorités vont devoir suivre de très près du fait que ce seuil se trouve très proche du nombre actuel d’habitants. « D'ici à 2035, la population de Shanghai sera contenue aux alentours de 25 millions d'habitants et la surface foncière disponible pour la construction ne dépassera pas 3.200 kilomètres carrés », détaille l'administration chinoise. Outre que ce plan visant à limiter la démographie de cette ville s’accompagne de mesures en faveur de l’environnement – construction d’immeubles « verts » respectueux de l’environnement, surveillance drastique de la qualité de l'eau, du sol et de l'air – les autorités de la ville de Pékin ont pris le même chemin souhaitant eux-aussi limiter le nombre d’habitants à 23 millions d’ici à 2020 contre près de 22 millions actuellement.
Pour parvenir à contenir cette pression urbaine doublée par des problèmes de pollution plus que préoccupants, un plan national a été lancé. Destiné à transformer les 500 plus grandes villes chinoises, ce projet politique, au sens premier du terme, passe notamment par la volonté d’équiper ces villes en nouvelles technologies mais également de miser sur l’agriculture urbaine. A Shanghai, plusieurs projets de vastes fermes urbaines sont à l’étude alors qu’en parallèle, un autre axe passe par la création de petites fermes de quartiers permettant de diversifier l’approvisionnement en légumes et en viandes de la population. Accessoirement, ces nouveaux « fermiers urbains » étant au passage constitué par de milliers de paysans poussés par l’exode rural.

Tianjin : le « lac qui pue » s’est transformé en une smart city de référence

A côté de ces projets de villes transformées, la Chine se dote également de villes nouvelles connectées. Depuis 2007, les gouvernements Chinois et Singapourien se sont associés pour construire Tianjin EcoCity, écocité de référence qui prévoit d’accueillir 350 000 habitants d’ici à 2020 sur un territoire de 30 kilomètres carrés. Ce site, préalablement entièrement dépollué du fait de la présence d’anciens marécages qui dégageaient une odeur pestilentielle a été aménagé avec notamment un lac artificiel où l’eau, traitée en permanence, permet les activités nautiques. L’un des objectifs de cette eco-cité est d’offrir aux habitants qui s’y installent plus d’espaces verts que dans toutes les autres villes de la Chine du nord, soit un objectif de 12 mètres carrés d’espaces verts par personne contre moins de 4 en moyenne actuellement. Aujourd’hui, un cinquième du projet est achevé et 6000 habitants s’y sont installés dans cette ville hyper-connectée. Ce chantier de 22 milliards de dollars ambitionne de devenir une référence mondiale en matière de villes conçues pour préserver l’environnement : l’objectif des autorités chinoises est d’utiliser dans ces nouvelles villes 20% d’énergies renouvelables. A côté de la préservation des ressources naturelles, l’autre priorité porte sur l’organisation des transports. Les villes chinoises du futur veulent en finir avec ce que les media montrent régulièrement à Pékin ou ailleurs : un nuage opaque de pollution au-dessus des villes du fait de vielles centrales à charbon et à une explosion du trafic automobile. Résultat : Pékin entend désormais montrer au monde que ces nouvelles villes favoriseront le transport fluvial, le vélo ou encore la marche à pied et cela en développant de nouvelles infrastructures spécifiques pensées dès la phase de conception de ces nouvelles villes.

En Chine encore, d’autres projets de villes, celles-là flottantes, sont étudiés avec intérêt. C’est l'agence d'architecture anglo-chinoise, AT Design Office, qui a reçu l'approbation en 2014 de lancer les études pour ces projets en partenariat avec la China Communication Construction Company (CCCC). Digne du film de Kevin Reynolds, Water World, il faut imaginer cette ville de 10 km² bâtie sur des caissons posés sur l’eau. A la surface, seront bâties des habitations et des espaces verts et sous l’eau, des bulles de verre permettront d’aménager des logements et des commerces.

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